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REGISTRES DU BUREAU
[t 564]
DLXXXII. — [Mandement pour faire perquisition es maisons et hostelleryes.] [Declaration des bourgeois de Paris pour la conservation des armes.]
28 mars i566. (H 1785, fol. 233 r°.)
Du xxviue Mars vc Ixni.
"Sire Guillaume Parfaict, Quartenier de lad. Ville, nous vous mandons que, suivant le comman­dement à nous faict, vous aiez, dedans demain pour le plus tost, à faire perquisition de toutes les maisons, colleges, hostelleryes, chambres et aultres lieulx de vostre quartier, tant en la ville que faulx­bourgs , des personnes y estans, tant estrangers que aultres non domicilliers, de quelque estat, qualité ou condition qu'ilz soient, et en rapportez les noms et qualitez, et de tout faire procès verbal que nous apporterez incontinant pour y estre pourveu, ainsy que de raison '1J ; mandons oultre à voz Cinquan­teniers et Dixainiers de y vacquer dilligemment, sans eulx divertir à aultres affaires, et que vous, ensemble lesd. Cinquanteniers et Dixainiers, aiez à faire voz Pasques (2' dès jeudi prochain et eulx tenir prest en leurs maisons pour faire ce que à vous et à eulx sera ordonné, et que à tout ce que dessus ilz ne facent faulte, sur peine d'estre declairez rebelles et desobeissans.
" Faict au Bureau de l'Hostel de lad. Ville, n
k Comme ainsy soit qu'il ayt pleu au Roy Nostre souverain Seigneur declairer aux Prevost des Mar­chans, Eschevins et princippaulx bourgeois, chefz de maison de ceste ville de Paris, capitalle d e son royaume, que, pour l'asseurance qu'il a de leur entiere fidé­lité et obeissance, il a commandé à mons1, le mares­chal de Montmorency, Gouverneur et son Lieutenant general en cested, ville de Paris et Ysle de France, de leur rendre et restituer toutes les armes qu'ilz
ont par son ordonnance et commandement consi­gnées et depposées en l'Hostel de Ville dud. Paris, comme corselletz, morions, hallebardes, picques et aultres armes d'hast, exceptez les pistolles, pistol­letz et harquebuzes qu'il veult estre réservées pour son service et mis en l'Arsenac de cested. Ville, ou lel aultre lieu qu'il advisera pour le mieulx, et qu'il fera paier à ceulx à qui lesd, armes à feu apartien­nent, à pris raisonnable et tel qu'il sera advisé et arbitré par gens ad ce congnoissans, nous soubsi­gnez, bourgeois et habitans de cested, ville de Paris,
demourans au quartier de......., Quartenier,
avons promis et promectons à Sad. Majesté que, comme ses tres loiaulx et tres affectionnez subjectz et serviteurs, nous n'abuserons ne permecterons qu'il soit abuzé desd, armes, lesquelles nous garderons et conserverons, chacun pour nostre regard, en noz maisons seullement, pour nostre seuretté et deffence de nosd. maisons, et ne les emploierons et exploicte-rons, ne souffrirons estre emploiées et exploictées à aultres effectz que ceulx que Sad. Majesté, ou son Lieutenant general en cested. Ville, nous comman­dera et ordonnera pour son service, et s'il y en a aucun, ou aucuns, qui facent du contraire et qui abuze desd, armes, nous nous emploierons de nostre plain pouvoir et chacun pour nostre regard, pour les representer es mains de sond. Lieutenant gene­ral, ou de sa justice ordinaire, pour en estre faicte punition et demonstration, telle et si rigoureuse que Sad. Majesté l'a ordonné contre les seditieulx, re­belles et perturbateurs du repos publicq.
" En tesmoing de quoy avons signé le present acte de noz mains, ce jour d'huy.t>
O Cette visite des maisons et hôtelleries par les Quarteniers se rattachait à un ensemble de mesures prises par l'autorité «touchant la police et l'ordre à observer es prochains jours pour la sollempnité de la feste de Pasques pour obvier â sédition et tumulte», me­sures qui furent soumises, le 25 mars, à l'approbation du maréchal de Montmorency, Gouverneur de Paris, venu à cet effet au Par­lement. Tout en ratifiant ces dispositions, il jugea cependant inutile sde faire nouvelle publication pour faire commandement à tous de vuyder, puisqu'il n'y avoit aucun bruyt mauvais et que aux champs, jusques à trente lieues, ne s'y faict assemblée ou entreprinso., inutile également de fermer les portes plutôt que d'habitude. On avait cependant tout lieu de craindre des troubles, les esprits étant surexcités par certains prédicateurs qui entremêlaient leurs sermons de "beaucoup de choses séditieuses et scan­daleuses». Le Roi, très mécontent, écrivit, à ce sujet, le 12 mars, au Parlement et le chargea d'admonester vertement les prédi­cateurs en les invitant à s'abstenir désormais de discours injurieux et séditieux. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1* 1608, fol. 55o r°, 610 v°.)
(2) A ce moment, on attachait beaucoup d'importance à l'exercice public du culte; il suffit de rappeler que Catherine de Médicis chassa une de ses demoiselles d'honneur, M"' de Noyan, qui avait refusé de faire ses Pâques.